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Les Masters franco-helléniques
Le développement de cursus universitaires conjoints est un enjeu stratégique de la coopération bilatérale entre la France et la Grèce. Sept masters conjoints sont opérationnels l’année universitaire 2009-2010 et cinq autres s’apprêtent à accueillir leurs premiers étudiants l’année prochaine. Tous ces Masters se caractérisent par la gratuité des droits de scolarité, un nombre limité d'étudiants (Grecs, Français, mais aussi étudiants de pays tiers), un enseignement essentiellement en français et une mobilité enseignante et étudiante.
Leur mise en œuvre a bénéficié du soutien actif du Ministère Hellénique de l'Education Nationale et des Cultes, ainsi que des Ministères Français de l'Éducation Nationale et des Affaires Étrangères. Innovants en matière d'ingénierie académique avec des universités étrangères, ils confirment la volonté d'ouverture des universités grecques, notamment dans l'espace européen de l'enseignement supérieur.
Le cadre institutionnel qui a permis en Grèce la mise en place de masters conjoints, les lois 3404/2005 et 3685/2008 portant sur le cadre institutionnel de l’organisation des études postuniversitaires en Grèce (lois qui régissent aujourd'hui les masters franco-helléniques) précisent ainsi que «Les universités grecques peuvent établir des collaborations avec des établissements étrangers, de même statut et reconnus sur le plan national, en vue de l'organisation et de la mise en œuvre de masters conjoints et de thèses de doctorat en cotutelle. Pour les masters conjoints, une convention entre les établissements partenaires est élaborée. Y figurent notamment l'objet de la formation et, selon les cas, les domaines scientifiques des doctorats, les sources de financement, les droits et obligations des participants, la mobilité des enseignants et des étudiants, la délivrance d'un diplôme unique ou propre à chaque établissement, le format du diplôme (...) la langue ou les langues d'enseignement (...) et tout autre sujet qui s'avèrerait indispensable au vu du cadre juridique en vigueur qui régit les études de chaque pays partenaire».
Le protocole spécial de coopération inter-universitaire cité plus haut, selon ces lois, «est élaboré par les établissements partenaires, ratifié par les autorités compétentes de ces établissements et soumis, pour la partie grecque, au Ministère de l'Éducation Nationale et des Cultes qui promulguera un arrêté ministériel tenant lieu d'habilitation du master conformément à l'article 11 de la loi 2083/1992». Il est ainsi clairement exprimé, d'après la même loi, que «les masters et doctorats qui sont délivrés (...) sont considérés de plein droit comme équivalents aux diplômes délivrés par les établissements partenaires qui hébergent les masters conjoints».
Ce cadre institutionnel est en cela doublement novateur, puisqu’il permet également la collaboration entre universités grecques et étrangères pour les thèses de doctorat, en précisant les procédures. Plusieurs universités helléniques ainsi que la quasi-totalité des celles qui ont pris l’initiative de la création des masters conjoints ont tiré parti de cette possibilité (ou en sont au stade de l'élaboration du protocole spécial de coopération pour la mise en place de cotutelles de thèses).
Les masters conjoints franco-helléniques, malgré leurs particularités, -les uns plus novateurs que les autres, les uns ciblés davantage sur la demande des étudiants grecs et les autres sur l'ouverture régionale voire internationale, l'utilisation exclusive du français comme langue d'enseignement ou conjointement avec l'anglais et/ou le grec, une mobilité des étudiants obligatoire ou facultative, les uns davantage orientés vers la recherche et les autres vers la professionnalisation-, ont beaucoup de points communs: ce sont des formations de haut niveau, qui délivrent des diplômes communs reconnus par les deux pays, nécessitant une mobilité enseignante et/ou étudiante et sont généralement l'aboutissement d'une longue coopération antérieure entre enseignants grecs et français. Ces formations ouvrent de nouvelles perspectives de coopération (comme les programmes communs de recherche et les cotutelles de thèses), s'appuient sur une mutualisation des réseaux de coopération, permettent des économies d'échelle et des synergies, donnent aux étudiants qui les suivent la possibilité de bénéficier de l'expérience acquise par les équipes d'enseignants partenaires et constituent ainsi un exemple tangible de l'ouverture des Universités helléniques. Professeur Byron Kotzamanis, Coordinateur du réseau des masters conjoints franco-helléniques.
Professeur Byron Kotzamanis,
Coordinateur du réseau des masters conjoints franco-helléniques |